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Mr R. Thomas, dans les propos qu’il a tenu lors d’une réunion de Caen la mer, présente les opposants à l’allongement de la piste de Carpiquet comme des réfractaires au “progrès”.

Cette idée de “progrès” dont il se fait le défenseur zélé, est étroitement liée à un type de développement, basé sur un mode de production et de consommation qui s’est mis en place et généralisé sur toute la planète, depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Ce type de développement s’est construit  sur une utilisation massive et sans limite des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) générateurs de gaz à effet de serre (GES), dont le gaz carbonique (CO2) est le plus produit. Ces gaz émis en trop grande quantité, au point que la planète ne peut plus les absorber, contribuent à augmenter la température moyenne du globe.

Faut-il y contribuer davantage avec le projet d’allongement de la piste de l’aéroport ?

Quatre cinquième des énergies consommées dans le monde sont d’origine fossile, et un peu plus d’un tiers des GES produit par les pays occidentaux sont liés au transport sous toutes ses formes (terrestre, maritime, aérien). Les déplacements par avion, n’en déplaise à M. Bruneau, étant de très loin les plus gros émetteurs de GES.

Est-il alors responsable de maintenir ce projet ?

M. Thomas a raison , nous sommes réfractaires à cette version du “progrès” qui nous est imposée depuis trop longtemps et dont les effets délétères et destructeurs grandissants se constatent chaque jour un peu plus : dégradation du climat due à l’augmentation de la température moyenne de la planète, incendies non maîtrisables de millions d’ha de forêt, phénomènes climatiques récurents, de plus en plus fréquents et violents (tempête, inondation) y compris dans des régions plus tempérées comme les nôtres, fonte des glaciers, asphyxie des océans et montée du niveau de la mer, destruction de la biodiversité, dégel du permafrost.

Sur le plan humain, accentuation des inégalités entre pays pauvres et pays riches, migration de réfugiés climatiques de plus en plus nombreux.

Dans ces conditions, quel progrés apporte ce projet ?

La liste n’est pas exhaustive mais le constat est affligeant.

Nous avons, pour notre part, une approche du progrès différente de celle de nos édiles. Notre conception ne s’appuie pas sur un modèle obsolète, datant du siècle dernier, devenu intenable, la planète ne pouvant plus y résister. On ne peut plus faire la guerre à la nature.

Il y a urgence à modifier nos comportements, à commencer par la réduction drastique de la production de GES, en plantant massivement des arbres, pour piéger le gaz carbonique excédentaire (et non pour compenser) et en développant les énergies renouvelables pour les substituer aux énergies fossiles. On peut espérer ainsi restaurer le climat et sauver ce qui est encore sauvable de la biodiversité, avant qu’elle ne s’écroule définitivement. Il faut cesser de polluer les océans pour qu’ils puissent réguler pleinement le climat. Permettre aux populations qui vivent dans des zones gravement impactées par le changement climatique de s’y maintenir.

Le vrai progrés ne peut-il se conjuguer avec ce projet ?

Dans ce panel de propositions qui reste à compléter, les collectivités locales peuvent et doivent intervenir. C’est de leur responsabilité de montrer l’exemple en ne proposant pas de projets de développement qui accentuent la dégradation du climat, consomment des espaces naturels, cultivés ou non, menacent un peu plus la biodiversité, sans que les retombées économiques soient vraiment démontrées.

C’est pourquoi nous disons non à l’allongement de la piste de l’aéroport de Carpiquet.

C.A de l’ACAPACC

Lien vers l’article de Ouest-France

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