La réponse de l’Acapacc aux propos de la directrice de l’aéroport de Caen-Carpiquet, recueillis par Tendance Ouest dans l’article publié le 8 janvier 2020 sur le site internet et le 16 janvier 2020 dans la version papier.

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Madame Haize-Hagron se félicite de la hausse de plus de 11 % du nombre de voyageurs avec 304 769 transportés l’année passée pour 274 011 en 2018, tout en constatant une baisse du nombre d’avions (7 %, chiffre différent du celui fourni par le Président de Caen la Mer, 4,5 %).
A priori on ne peut que se féliciter de ces résultats. Moins d’avions, plus de personnes transportées,
Tout est bien dans le meilleur des mondes du transport aérien.

Toutefois, qui dit plus de voyageurs dit plus de kérosène consommé pour les transporter (même si le nombre d’avions est en réduction), donc plus de gaz à effet de serre (GES) produit et par conséquence une contribution supplémentaire à la dégradation du climat.
C’est une question que n’abordent jamais les responsables administratifs ou politiques dans ce constat qui se voudrait presque parfait.
Il nous apparaît de plus en plus évident que cette problématique n’est pas prioritaire pour les tenants de l’allongement de la piste de l’aéroport.

Il est assez stupéfiant que Mme Haize-Hagron mette en balance transport par avion et transport en voiture, comme si il n’y avait aucune autre alternative, comme par exemple le train.

De plus, faut-il encore rappeler que le transport de voyageur par avion est pratiquement 5 fois plus producteur de GES que par voiture et 55 fois que par le train (177 g/km parcouru/passager pour la voiture, 14 g/km parcouru/passager pour le train, 767g/km parcouru/passager pour l’avion, en vol intérieur).

Mme Haize-Hagron constate que les voyages d’affaire sont en baisse et mise sur l’augmentation des vols «domestiques». Elle entend sans doute par ce terme vols à vocation touristique. Elle rêve d’ouvrir vers des destinations comme Nice, Montpellier, Bordeaux.
En quoi ces vols à vocation touristique contribuent au développement économique de la Région ?
En quoi le fait d’emmener des voyageurs à des destinations touristiques tels que la Corse ou les Baléares (c’est à dire sur un vol AR) contribue au développement local ? Il y a une confusion entre développement de l’activité de l’aéroport et développement économique régional. Pour que l’impact économique soit réel pour la région de Caen et au-delà la Normandie, il faudrait que le flux de voyageur soit inversé, C’est à dire que ce soient les Corses ou les habitants des Baléares qui viennent en séjour chez nous. On est en droit de douter que ce soit le cas !

De plus, il est nécessaire de rappeler que l’industrie du tourisme est l’une des plus émettrices de GES avec une capacité à pouvoir les réduire quasi inexistante.

Enfin Mme Haize-Hagron se félicite de la création d’un vol supplémentaire à destination de Lyon, à partir d’avril prochain. Est-ce la seule perspective de développement actée pour 2020 ? Est-ce que cela justifie d’allonger la piste de l’aéroport ?

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